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Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Coups de gueule et coups de coeur sur des sujets variés, politique (j'adore!), actualité, automobile, billets d'humour, gastronomie, santé, enfants, protection animale, sport y tutti cuanti : no limit ! je vous attends.

VIOLENCE EN CORSE : LES FEMMES CORSES PRESSENT HOLLANDE D'AGIR

Des citoyennes de l'île exhortent le chef de l'Etat à «proposer des actes concrets». «Il faut enrayer ce sentiment d'impunité et donner à notre jeunesse un autre modèle de fonctionnement», disent-elles dans une lettre ouverte publiée mercredi dans Libération.

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Alors que l'île de Beauté a connu mardi son 18e assassinat depuis le début de l'année, des femmes corses élèvent de nouveau la voix. Dans une lettre ouverte publiée mercredi dans Libération, les signataires exhortent François Hollande à «saisir l'urgence et la gravité de la situation et agir sans attendre» pour briser la spirale criminelle. «ll faut enrayer ce sentiment d'impunité qui habite meurtriers et commanditaires et donner à notre jeunesse un autre modèle de fonctionnement», disent-elles au président, car «le temps n'est plus aux déclarations d'intention». Reprenant la célèbre anaphore utilisée par François Hollande lors du débat d'entre deux tours, elles avertissent «Vous président, vous ne pouvez plus nous décevoir, nous attendons des réponses et des actes concrets».


Les rédactrices n'ont pas signé la tribune nommément. Citoyennes ordinaires, elles se désignent comme «un groupe de femmes du Manifeste pour la vie». Le mouvement créé en 1995 est sans leader apparent.

Si elles reprennent la plume, c'est parce qu'elles ont été scandalisées par les propos du ministre de l'Intérieur. La semaine dernière, Manuel Valls a demandé aux Corses de se mobiliser et de parler. Or pour ses femmes, la loi du silence n'existe pas sur l'Île de Beauté. «C'est le même vocabulaire qu'en 1995 au début de notre mouvement. Tout le monde commente, échange des noms.

Ces informations le gouvernement les a. De quel droit demande-t-on aux gens d'être des héros?», interroge dans Libération Paule Persia, une psychologue à la retraite. Elle et les auteurs de cette lettre veulent avant tout que la loi soit appliquée.

Des revendications inchangées depuis 17 ans

«La situation a empiré, la région est devenue la plus criminogène d'Europe!, écrivent-elles, mais l'Assemblée de Corse n'a pas jugé bon de débattre d'une motion condamnant la violence». Et de rappeler «présidents et ministres de la République ont eu tous les moyens pour évaluer la gravité de la situation: la mission parlementaire Henri Cuq en 1996, la commission d'enquête parlementaire Jean Glavany en 1998, les rapports annuels de la justice et ceux de la chambre régionale des comptes. Les signataires déplorent que «les rares initiatives prises avec la création d'un éphémère pôle financier sont restées sans suite».

Pourquoi, questionnent-elles, «les demandes faites sur la protection des témoins et la création d'un statut de repenti sont (elles) restées sans suite (...)», de même que «la promesse d'Elizabeth Guigou de créer des cellules d'investigation sur les crimes non élucidés?».


Cette mobilisation des femmes contre la violence en Corse n'est pas nouvelle. Le «Manifeste pour la vie» s'est constitué il y a 17 ans. A l'époque, l'île était le théâtre de règlements de compte entre nationalistes. Onze personnes avaient en effet été tuées en 1995.

Le mouvement réclamait déjà «l'application de la loi, l'exercice serein de la justice, la transparence dans la gestion des affaires publiques, et l'ouverture d'un débat public». Après l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac, en 1998, le manifeste avait organisé le défilé monstre de 40. 000 personnes (15% de la population corse) pour signifier le rejet de la violence. Le mouvement avait fini par se mettre en sommeil estimant ses objectifs atteints - que les politiques abordent leurs revendications - mais «ils n'ont repris que le discours», confie, amère à Libération, une autre signataire du manifeste.

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