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Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Coups de gueule et coups de coeur sur des sujets variés, politique (j'adore!), actualité, automobile, billets d'humour, gastronomie, santé, enfants, protection animale, sport y tutti cuanti : no limit ! je vous attends.

VALERIE PECRESSE : HOLLANDE MENACE NOTRE MODELE SOCIAL

 

Valérie Pécresse, la ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l'Etat, porte-parole du Gouvernement pose dans un bureau de l'annexe du ministère rue de Lille à Paris.
Valérie Pécresse, la ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l'Etat, porte-parole du Gouvernement pose dans un bureau de l'annexe du ministère rue de Lille à Paris. Crédits photo : Jean-Christophe MARMARA/LE FIGARO

INTERVIEW - La ministre du Budget estime que la France a besoin de continuité et de constance.

Valérie Pécresse est ministre du Budget et porte-parole du gouvernement. Elle réagit à l'intervention de François Hollande, dimanche au Bourget.


LE FIGARO. -Que vous inspire le programme de François Hollande?

Valérie PÉCRESSE.-François Hollande tourne le dos au cap du désendettement et aux engagements que la France a pris envers ses partenaires européens d'un retour à l'équilibre de nos finances publiques en 2016. Pour atteindre cet équilibre, nous nous sommes engagés dès 2011 et jusqu'en 2016 à réaliser 115 milliards d'euros d'effort.

Cela suppose à la fois de baisser les dépenses et de faire des réformes structurelles. Nous avons fait le choix d'y parvenir selon la répartition suivante: deux tiers d'économie dans les dépenses et un tiers de nouvelles recettes. François Hollande n'assume aucune mesure d'économies. Il roule même à contresens!


Prenons l'exemple des retraites: faire partir à taux plein les salariés âgés de plus de 60 ans ayant cotisé 41 ans, comme le propose le candidat socialiste, n'est pas tenable. La réforme des retraites que nous avons menée en 2010 permet de réaliser 17 milliards d'économies d'ici à 2017. Ce que le candidat socialiste propose effacera 15 milliards d'euros d'économies prévues, soit la majeure partie des effets de notre réforme. Ce sera une atteinte grave à la pérennité de notre modèle social.


Le raisonnement est-il le même sur les effectifs de fonctionnaires?

Exactement. Revenir sur le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite comme le veut François Hollande, alors que nous nous sommes engagés à le poursuivre, c'est 4,5 milliards de dépenses en plus. Il faut tenir un discours de vérité et de courage: dans un monde qui change, si nous voulons faire revenir la croissance, il faut savoir nous adapter. La simple stabilisation du nombre de fonctionnaires ne suffira pas. Aucun pays européen n'a fait un tel choix.


François Hollande veut créer 60.000 postes dans l'éducation nationale d'ici à 2017 et embaucher 1000 fonctionnaires par an dans la police et la justice, tout en stabilisant les effectifs totaux de la fonction publique? Cela veut dire ne pas remplacer 3 départs à la retraite sur 4 dans les autres ministères, c'est-à-dire réduire drastiquement les effectifs de la défense, de la santé ou encore de l'écologie.


Que pensez-vous des propositions fiscales du PS?

Le discours de François Hollande selon lequel «les riches paieront» est un cheval de Troie pour taxer davantage les classes moyennes. Car la tranche supplémentaire d'impôt sur le revenu à 45% rapportera à peine 400 millions d'euros, soit moins de 0,5% de l'effort à faire pour arriver à l'équilibre budgétaire. Le gros des recettes fiscales doit donc venir d'ailleurs - sans doute de la fusion entre la CSG et l'impôt sur le revenu qui, elle, reste encore très floue, et de la limitation du quotient familial. Ce sera un choc fiscal pour les familles.


François Hollande a cité «la finance» comme son premier adversaire…

Crier haro sur la finance, ça ne résout en rien les problèmes! Il y a les paroles et il y a les actes. Il faut réguler la finance, et c'est ce à quoi le gouvernement s'emploie depuis 2007 en taxant les bonus et en imposant des règles prudentielles.

Quant à la proposition consistant à séparer les activités de dépôts et d'investissement des banques, c'est une fausse solution miracle. Ce qui a ébranlé le monde en 2008, c'est la faillite de Lehman Brothers, qui était une pure banque d'investissement. En outre, ce cloisonnement du système bancaire aurait un coût important. Je préfère que les banques gardent leur argent pour financer l'économie.


François Hollande veut reconstruire un pacte franco-allemand. Avez-vous le sentiment que le pacte actuel ne fonctionne plus?

Il n'arrive pas à reconnaître que le bilan du chef de l'État à l'international est remarquable. Et c'est présomptueux de sa part de vouloir un nouveau pacte avec l'Allemagne! D'autant plus quand il tourne le dos à la vertu budgétaire que réclame notre voisin outre-Rhin en échange de son accord sur les traités. François Hollande est tout aussi présomptueux lorsqu'il pense pouvoir forcer, seul, le yuan chinois à devenir convertible! Son discours consistant à tout remettre en cause fait courir un grand risque à la France en affaiblissant sa crédibilité internationale.


L'opposition vous accuse d'avoir creusé la dette de 500 milliards sur le quinquennat. Que répondez-vous?

C'est une grossière manipulation! Notre dette a augmenté dans les mêmes proportions qu'en Allemagne, et moins qu'en moyenne en Europe, ou aux États-Unis. La Cour des comptes l'indiquait d'ailleurs en écrivant que notre déficit 2010 provenait pour 50% de l'héritage de trente années de laxisme budgétaire, et pour 40% de la crise. L'antisarkozysme ne résiste pas à la vérité des chiffres.


Nicolas Sarkozy n'est pas au mieux dans les sondages. Restez-vous confiante dans sa réélection?

Notre pays a besoin de continuer sur le même chemin. Si la réforme des universités est une réussite, c'est parce que pendant quatre ans, elle a été menée dans la continuité et la constance. Nous avons pris des engagements et nous les avons tenus, dans un environnement stable et avec une direction claire. C'est exactement ce qu'il faut faire pour la réduction des déficits et les réformes. Il faut tenir un cap car, encore une fois, nous sommes observés.


La confiance se prouve en tenant nos engagements. Les Français se rendent bien compte que la route est difficile. À un moment, il y a le choix du courage. Nous devons persévérer dans les économies et les réformes. Notre objectif: produire davantage en France, nous désendetter, construire l'Europe économique. Cela nécessitera des efforts, voila le discours de vérité.

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