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Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Coups de gueule et coups de coeur sur des sujets variés, politique (j'adore!), actualité, automobile, billets d'humour, gastronomie, santé, enfants, protection animale, sport y tutti cuanti : no limit ! je vous attends.

SANS L'ENERGIE NUCLEAIRE, NOTRE FACTURE ENERGETIQUE EXPLOSERAIT


Bernard Bigot, haut-commissaire à l'énergie atomique et aux énergies alternatives.
Bernard Bigot, haut-commissaire à l'énergie atomique et aux énergies alternatives. Crédits photo : Sébastien SORIANO/Le Figaro
  

INTERVIEW - Pour Bernard Bigot, le patron du Commissariat à l'énergie atomique, il est nécessaire de maintenir le nucléaire.

Bernard Bigot, haut-commissaire à l'énergie atomique et aux énergies alternatives, tire les leçons de la catastrophe de Fukushima


Le FIGARO. - L'Allemagne et son industrie tournent le dos au nucléaire. Regrettez-vous ce choix ?

Bernard BIGOT. - La décision de l'Allemagne est souveraine. Quant au choix de Siemens, il est logique : même une très grande entreprise internationale n'a d'autre choix que de suivre l'orientation politique de son pays d'origine. Oui, bien sûr, nous regrettons ce changement de cap : le nucléaire rentre à hauteur de 20 % dans le bouquet énergétique allemand et il lui faudra donc augmenter le recours aux énergies fossiles pour combler cette perte. Les besoins d'interconnexions électriques vont également croître pour augmenter la capacité d'importation, ce qui pèsera encore plus sur les coûts.


Le coût de cette décision a récemment été évalué à 250 milliards d'euros pour l'Allemagne. Quel serait-il si la France devait faire le même choix ?

Il est tout à fait normal que les instituts compétents cherchent à chiffrer le coût de substitution de la part nucléaire actuelle dans la production d'électricité pour que chacun puisse mesurer les conséquences financières du choix qui a été fait de sortir du nucléaire en 2022. Il faut examiner les hypothèses prises, mais le chiffre avancé semble d'un ordre de grandeur raisonnable. Pour ce qui est de la France, dont le parc nucléaire est plus de trois fois plus important que le parc allemand, je crois qu'à ce stade, aucun chiffre ne peut raisonnablement être avancé, car les ressources de substitution ne sont pas les mêmes. L'impact risque d'être encore plus lourd que la simple application d'une règle de trois. De combien, c'est une question ouverte.


Est-il cependant envisageable que la production nucléaire française recule ?

Notre pays a décidé de préserver son indépendance énergétique autant que cela était possible, et le nucléaire y contribue fortement. En 2003, les importations d'énergie ont coûté 23 milliards d'euros à la France, soit 10 % du revenu de ses exportations, tous secteurs économiques confondus. En 2010, ce chiffre est passé à 48 milliards, soit 25 %. Et cette année, nous devrions franchir la barre des 60 milliards.

Autant dire que sans le nucléaire, la facture énergétique exploserait dans des proportions sans précédent. Cela ne signifie pas que nous délaissions les énergies renouvelables : dans les cinq ans qui viennent, le CEA propose de doubler son budget et ses ­effectifs dans ce domaine, à hauteur respectivement de 300 millions d'euros et 1800 personnes. Le gouvernement souhaite que le CEA adopte dans les renouvelables la même démarche que pour le ­nucléaire : à savoir dynamiser la recherche et favoriser l'émergence de filières industrielles ­performantes.


Au-delà de la France et six mois après la catastrophe de Fukushima, la planète nucléaire est-elle toujours aussi vacillante ?

Un tel accident, dans un grand pays industriel réputé pour ses ­compétences industrielles, a été ­légitimement vécu comme une onde de choc dans le monde ­entier. C'est aujourd'hui le temps des interrogations : quelles sont les raisons de cette catastrophe d'une part, comment s'en prémunir d'autre part. Parallèlement, un baril durablement installé au-dessus des 105 dollars, le différentiel de change peu favorable aux pays consommateurs et le renforcement des exigences climatiques conduisent à la nécessité de maintenir le nucléaire. Tous les pays concernés mènent actuellement des audits de sûreté : les investissements complémentaires sur les installations qui devraient en ­résulter ­augmenteront leur robustesse.


Les premiers rapports relatifs aux stress tests laissent-ils à penser que les centrales sont sûres ?

Deux points peuvent être distingués. D'abord, la conception des installations : elle témoigne d'une bonne résistance dans la plupart des pays, ce qui impliquera des modifications à la marge. En revanche, la chaîne d'exploitation, qui recouvre aussi bien l'organisation humaine que la réaction des pouvoirs publics, doit être soigneusement vérifiée pour que la sûreté soit en toutes circonstances assurée. Au Japon, elle a été déficiente, et un temps précieux a été perdu : 100 m³ d'eau par heure, c'est-à-dire un quart d'un camion de pompier, auraient probablement permis, dès les premières heures, d'éviter les relâchements radioactifs dans l'air.


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