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Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Coups de gueule et coups de coeur sur des sujets variés, politique (j'adore!), actualité, automobile, billets d'humour, gastronomie, santé, enfants, protection animale, sport y tutti cuanti : no limit ! je vous attends.

NUCLEAIRE : UN ACCORD PS-VERTS QUI FAIT PEUR

LES CONSEQUENCES :

 

La centrale de Fessenheim, entrée en service en 1978. Selon l'accord signé entre le PS et EELV, elle devrait s'arrêter «immédiatement».
La centrale de Fessenheim, entrée en service en 1978. Selon l'accord signé entre le PS et EELV, elle devrait s'arrêter «immédiatement». Crédits photo : PATRICK HERTZOG/AFP


Figaro.fr

La fermeture de vingt-quatre réacteurs provoquerait une flambée des prix de l'électricité et des rejets de CO2.

C'est une véritable révolution industrielle étonnamment périlleuse qui pourrait intervenir en France au cours des prochaines années. En décidant - dans le cadre d'un accord avec les Verts - de faire chuter de 75 % à 50 % la part du nucléaire dans la production d'électricité d'ici à 2025, François Hollande, s'il est élu à la présidence de la République, modifiera radicalement le «mix» énergétique du pays.

«Un bouleversement sans précédent, sur le plan technique tout d'abord, avec la nécessité de développer d'autres sources de production, souligne d'emblée Stanley Nahon, directeur au sein du cabinet de conseil Booz & Company. Mais l'impact sera également considérable d'un point de vue écologique - avec l'impact sur les émissions de gaz à effet de serre -, d'un point de vue financier - avec les conséquences sur le prix de l'électricité - et enfin dans le domaine social, car c'est toute une filière professionnelle qui vit au rythme de cette activité.»

L'accord entre le PS et les Verts prévoit la fermeture de 24 réacteurs sur les 58 exploités actuellement par EDF. Vingt-quatre réacteurs d'une capacité de 900 mégawatts chacun, le reste du parc de l'électricien tricolore étant composé de 10 autres tranches de même capacité, plus de 20 réacteurs affichant une puissance installée de 1300 MW, plus quatre réacteurs de 1450 MW. À ces outils déjà existants s'ajoute le réacteur de nouvelle génération EPR - dont la puissance s'élève à 1650 MW - actuellement en cours de construction à Flamanville (Manche). Il est prévu pour être opérationnel en 2016.

Les calculs sont vite faits. Amputé de ces 24 réacteurs, le parc nucléaire d'EDF perd un tiers de ses capacités, qui passent de 63,1 gigawatts (GW) à 41,5 GW. «Une décision absurde parce qu'elle interviendra au moment où ces réacteurs seront largement amortis sur le plan financier», indique l'expert Lionel Taccoen.

Indépendance énergétique 

Le premier réacteur d'EDF, celui de Fessenheim, est entré en service en 1978. Cette année, il a été autorisé par l'ASN à fonctionner dix ans de plus, pour une durée qui passera ainsi de trente à quarante ans. D'une manière générale, toutes les centrales françaises ont été conçues pour être opérationnelles pendant quarante ans au moins. Sachant que dans l'entourage d'EDF le cap des cinquante ans apparaît comme parfaitement envisageable. À titre de comparaison, aux États-Unis, la durée de vie des réacteurs est fixée dès le départ à soixante ans.


La semaine dernière, une étude de l'Union française de l'électricité (UFE) a évalué à 60 milliards d'euros le coût que le pays devrait assumer s'il voyait la part du nucléaire reculer de 70 à 50 %. Mais ce scénario ne tient pas compte des dépenses de démantèlement des installations de plusieurs dizaines de milliards d'euros. Il n'a pas non plus abordé le volet social d'un retrait partiel, qui frapperait des entreprises employant globalement plus de 300.000 personnes.


Enfin, une des principales conséquences concerne les consommateurs. «Les prix de l'électricité en France risquent de grimper dans des proportions très sensibles car il va falloir trouver d'autres moyens de production pour remplacer cette énergie compétitive, reprend Stanley Nahon. Au passage, il est faux de dire que les énergies renouvelables pourront pallier le repli de l'atome civil. C'est impossible, tant sur le plan technologique que financier.»


La question de l'indépendance énergétique préoccupe aussi largement les experts : un arrêt partiel du nucléaire conduit à renforcer massivement les importations de gaz russe, avec à la clé une véritable pression géopolitique.

Mardi, à l'Assemblée, Éric Besson, ministre de l'Industrie, a estimé que «nous assistons à un marchandage qui est totalement irresponsable dans la mesure où il remet en cause une filière qui apporte à la France son indépendance énergétique, un prix de l'électricité moins cher, peu de gaz à effet de serre et des capacités d'emploi et d'export très, très importantes».



«On va jeter des milliards d'euros par les fenêtres»

Questions à Lionel Taccoen, auteur du «Pari nucléaire français»

Quel impact aura la fermeture de 24 réacteurs sur les prix de l'électricité ?


Dans la majorité des cas, c'est le gaz, l'une des énergies les plus compétitives, qui se substituera aux réacteurs arrêtés. Mais même en s'appuyant sur ce scénario favorable - car ce ne sont pas les énergies renouvelables qui pourront compenser le déficit de production nucléaire -, les prix de l'électricité en France grimperont de 30 à 40 %. Alors que la plupart des centrales nucléaires seront amorties en 2025, on va jeter des milliards d'euros par les fenêtres. En cette période de rigueur économique, la décision d'amputer massivement le parc nucléaire correspond à un grand laxisme budgétaire.


Que peuvent penser les experts scientifiques de cette décision ?


À quoi bon disposer dans notre pays d'une Autorité de sûreté nucléaire (ASN), une autorité neutre et compétente, si on ne tient pas compte de ses recommandations. L'accord entre le PS et les Verts signifie que cette autorité ne sert à rien, tout simplement. Pour prendre une comparaison imagée, nous sommes dans une situation où un automobiliste sortirait de chez le garagiste avec une voiture en parfait état de marche. Mais on dit alors à l'intéressé de cesser d'utiliser son véhicule pour en acheter un autre, alors même qu'il a remboursé l'intégralité de sa voiture. Tout cela n'est pas très rationnel.


À combien s'élèvera le coût de démantèlement des centrales nucléaires arrêtées ?


Tout dépend de la durée fixée par les pouvoirs publics pour démanteler ces installations. Mais dans tous les cas de figure, cela signifie des milliards d'euros. Autant dire une étape de plus dans l'inflation des dépenses publiques.


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