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Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Coups de gueule et coups de coeur sur des sujets variés, politique (j'adore!), actualité, automobile, billets d'humour, gastronomie, santé, enfants, protection animale, sport y tutti cuanti : no limit ! je vous attends.

NICOLAS SARKOZY : SES VALEURS

Sa responsabilté de chef des armées, ses engagements européens et son style présidentiel. Ses choix en matière d’immigration et de réformes de société, sur la famille, le mariage, l’euthanasie ou le vote des immigrés. Nicolas Sarkozy répond aux questions que se posent les lecteurs de “Valeurs actuelles”.

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La vertu a besoin du temps, disait Benjamin Constant. Le Nicolas Sarkozy qui s’exprime cette semaine dans Valeurs actuelles n’est plus celui de 2007, qui faisait entrer au gouvernement Bernard Kouchner et Martin Hirsch quand ses électeurs croyaient avoir élu un président de droite. Il a gagné en gravité, en cohérence aussi.

Depuis sa déclaration de candidature, Nicolas Sarkozy développe une offre politique inédite, construite tout entière autour des valeurs d’autorité et de protection. La crise ayant balayé les promesses du “travailler plus pour gagner plus”, la campagne a pris une tonalité plus grave, moins circonstancielle.

C’est en cela qu’elle engage davantage que la précédente le candidat Sarkozy. Quand celui-ci, en réponse à nos questions, affirme que « chaque enfant a le droit naturel d’être non seulement conçu mais élevé par un père et une mère » ou que la légalisation de l’euthanasie serait « un terrible aveu d’échec », il quitte le champ politicien pour s’engager sur les « points non négociables » définis par Benoît XVI.

Et ces promesses ne sont pas de circonstance puisque le candidat les reprend dans sa profession de foi envoyée à tous les électeurs au lendemain du premier tour. Comme il reprend l’engagement de refuser aux étrangers le droit de vote ou celui de diviser par deux l’immigration légale.

D’aucuns estimeront que ces résolutions de Nicolas Sarkozy sont tardives. Et les lecteurs de Valeurs actuelles se souviendront qu’il aura fallu attendre l’ultime moment du quinquennat pour que le président de la République s’adresse à eux. Mais ce moment est aussi le plus déterminant puisqu’il fixe l’alternative à la veille du choix décisif. Lorsque nous l’interrogeons sur ces Français qui lui ont refusé leur confiance au premier tour, Nicolas Sarkozy répond que « c’est à eux seuls de choisir le chemin qu’ils veulent prendre ». Le texte que je publie aujourd’hui fixe une feuille de route claire.  


Le jour de son investiture, le président de la République devient chef des armées. C’est un pouvoir considérable sous la Ve République ; on n’en parle jamais dans les débats, pourquoi ?
C'est un pouvoir considérable et donc une responsabilité écrasante dont le poids devient presque insoutenable lorsque vous devez vous incliner devant les cercueils de jeunes soldats tombés pour la France en Afghanistan. Ces soldats, c’est moi qui, en tant que chef des armées, ai pris la décision de les envoyer combattre, c’est donc moi qui ai décidé de leur destin.(...)

Les soldats français qui sont tombés là-bas ont sacrifié leur vie pour protéger la France. Leur sacrifice ne sera pas oublié.(...).


 

Au cours de votre présidence, vous avez engagé nos soldats en Afghanistan, au Tchad, au Mali, en Côte d’Ivoire, en Libye. Qu’est-ce qui vous a le plus marqué ? Quelles valeurs reconnaissez-vous aux militaires ? Après la tristesse de devoir rendre les honneurs militaires à nos hommes morts en Afghanistan ou parce qu’ils appartenaient à des régiments qui y étaient allés (je pense aux tueries de Toulouse et Montauban), c’est certainement d’avoir vu le peuple libyen brandir le drapeau français à Tripoli comme à Benghazi et crier « vive la France » ! Ce jour-là, j’étais fier de mon pays et j’étais fier de notre armée. Nos soldats font preuve d’un courage, d’un professionnalisme et d’un esprit de sacrifice qui forcent l’admiration. En cela, ils n’ont rien à envier à leurs prédécesseurs qui se sont couverts de gloire sur les champs de bataille du passé, et c’est pour honorer ces soldats d’aujourd’hui que j’ai pris la décision d’ouvrir les cérémonies du 11 Novembre au souvenir de tous les soldats français tombés sur les théâtres d’opérations extérieures. C’est aussi pour honorer les soldats d’hier que j’ai élevé Hélie Denoix de Saint Marc à la dignité de grand-croix de la Légion d’honneur.


Quelle est ici votre différence avec François Hollande ? Il a décidé d’accélérer le retrait de nos troupes d’Afghanistan, mais vous aussi avez avancé ce calendrier. Les crédits militaires peuvent-ils être une variable d’ajustement en matière budgétaire ?
François Hollande veut financer une partie de sa politique de dépenses publiques en réduisant les budgets militaires. Il veut notamment prélever des postes budgétaires de la Défense pour financer une partie des 60 000 postes d’enseignant prévus à son programme.

Quant à la décision de retrait précipité d’Afghanistan, c’est une folie. Je m’explique : j’ai proposé en janvier à nos alliés un calendrier de retour de nos troupes combattantes d’ici à la fin 2013, qui va avec le transfert progressif des responsabilités aux Afghans. Cette stratégie fonctionne, et c’est ce qui a permis à 600 soldats de rentrer en France à ce jour ; 800 autres rentreront d’ici à la fin 2012. Mais retirer l’ensemble de nos troupes, en lâchant nos alliés et les Afghans qui luttent contre le retour des talibans, c’est capituler sans conditions face aux terroristes.

 

Des militaires ont voté Marine Le Pen. En avez-vous été surpris ? Je n’ai pas à juger les choix politiques de militaires qui votent en conscience. Je peux même le comprendre, mais ce que j’aurais beaucoup de mal à concevoir, c’est que ce choix les conduise, in fine, à faire élire un homme qui a d’ores et déjà décidé de manquer à nos engagements vis-à-vis de nos alliés.


Un certain nombre d’électeurs de droite ont été déçus soit par le style de votre présidence, soit par différents choix que vous avez pu faire : celui de la ratification du traité de Lisbonne alors que les Français avaient voté non à la Constitution européenne en 2005, ou encore celui de l’ouverture à gauche ou du travail le dimanche. En avez-vous des regrets ? Le referiez-vous ?
Je veux d’abord rappeler que j’avais indiqué aux Français que le traité, faisant suite à l’échec de la Constitution européenne, limité aux questions institutionnelles que personne n’avait contestées pendant la campagne référendaire, ne serait pas soumis au référendum parce que l’Europe avait besoin de réformer ses institutions et qu’elle ne pouvait se permettre d’attendre un nouveau refus français. J’ai scrupuleusement respecté mes engagements sur ce point.

S’agissant du travail du dimanche, est-ce qu’on peut accepter que, dans une grande ville comme Lille, les magasins soient tous fermés le dimanche alors qu’ils sont tous ouverts de l’autre côté de la frontière ? On peut décider de se tirer en permanence des balles dans le pied, mais bon… Je n’irai pas plus loin sur ce sujet car je pense en effet que le dimanche doit être préservé. (...)les dérogations à l’interdiction du travail du dimanche sont très limitées, les salaires sont doublés et les salariés ne peuvent en aucun cas être contraints d’accepter.

Quant au style de la présidence, je reconnais qu’il m’a fallu du temps pour trouver le bon équilibre entre la réactivité de l’homme d’action que j’ai toujours été, la proximité de l’homme politique que j’ai toujours recherchée, et la distance qu’impose la fonction présidentielle. C
Sous votre présidence, l’immigration légale n’a pas été réduite. Pour quelles raisons ?
L’immigration légale a augmenté de 23 % entre 1997 et 2002. Les régularisations massives, pardon « au cas par cas », du gouvernement Jospin avaient provoqué un formidable appel d’air migratoire. Elle a baissé de 16 % entre 2002 et 2011. Nous avons par ailleurs fortement amélioré l’efficacité de la politique d’éloignement qui était tombée à moins de 8 000 par an en 1998 et a atteint 33 000 en 2011 avec une tendance pour 2012 de 40 000 si on extrapole les résultats du premier trimestre. Aujourd’hui, nos capacités d’accueil et la protection de notre système social nous obligent à ralentir fortement l’immigration. Je veux moins d’immigration pour une meilleure intégration. C’est pourquoi le regroupement familial ne sera plus automatique et aucune personne ne pourra venir s’installer en France sans parler le français et connaître les valeurs de la République. Je veux également mettre un terme à l’immigration à caractère social, c’est-à-dire pour bénéficier de nos minima sociaux.(...)


Vous avez pris des engagements forts concernant le droit de vote des étrangers, le mariage ouvert à tous les couples, l’euthanasie… Vous sentez-vous minoritaire au sein de votre majorité ?
Le sujet, c’est de faire des choix qui sont conformes à des convictions personnelles, fruits de la réflexion. Chaque enfant a le droit naturel d’être non seulement conçu mais élevé par un père et une mère. Alors oui, je sais que la vie, dans sa complexité, fait que ce n’est pas toujours le cas, mais ce n’est pas pour autant une raison de bouleverser les équilibres fondamentaux de la société française. En ce qui concerne l’euthanasie, je ne peux pas admettre qu’un pays moderne n’ait que la mort à proposer pour échapper à la souffrance. C’est un terrible aveu d’échec. Chaque vie est trop précieuse pour être interrompue parce que l’hôpital manquerait de soins palliatifs.


Quant au vote des immigrés, il ne résoudrait aucun des problèmes de l’intégration, qui sont des problèmes de logement, d’emploi, d’école et, parfois justement, d’adhésion aux valeurs de la République. Il ne resterait pas longtemps limité aux élections municipales. Les socialistes eux-mêmes reconnaissent que ce serait une première étape. Il ferait courir à notre pays un risque communautariste, en créant une citoyenneté réservée à une catégorie de personnes. La France accorde généreusement sa nationalité à ceux qui adhèrent à ses valeurs. Elle accepte la double nationalité. Il n’y a aucune raison de modifier cet équilibre. (...)


Entre 2007 et 2012, vous avez perdu 1,7 million d’électeurs. Ceux qui, parmi eux, venaient du Front national y sont retournés. Or vous avez à nouveau besoin de leurs voix pour l’emporter le 6mai. Comment pouvez-vous retrouver auprès d’eux cette confiance qui vous a fait défaut ?
En 2002, après une période de croissance économique significative, Jean-Marie Le Pen s’est qualifié pour le second tour avec 17 % des voix, M. Le Pen et M. Mégret totalisaient ensemble 19,2 %, M. Jospin, en charge de l’exécutif, ne passait pas la rampe du premier tour, et M. Chirac n’atteignait pas 20 %. Aujourd’hui, je suis presque à égalité avec le candidat socialiste. Après quatre ans d’une crise d’une violence sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale et cinq ans pendant lesquels les médias ont tenté de construire un mur entre le peuple et moi, mon électorat, dans sa très grande majorité, m’a renouvelé sa confiance.

Les électeurs qui ont voté Marine Le Pen au premier tour n’appartiennent à personne. Veulent-ils la régularisation des clandestins qui alimente les flux d’immigration ? Veulent-ils le vote des immigrés ? Veulent-ils une France où les heures supplémentaires qui bénéficient à plus de 9 millions de salariés seraient supprimées ? Veulent-ils une France où la culture du laxisme chercherait à excuser la délinquance plutôt que de la réprimer ? Veulent-ils une France de la dépense et des déficits ?

Ils peuvent à l’inverse choisir une France qui obligera l’Europe à protéger ses frontières. Une France qui pourra s’exprimer par la voie directe du référendum en cas de blocage des corps intermédiaires. Une France dont la parole, qui n’était plus audible, est aujourd’hui respectée dans le monde. Une France assez forte pour sortir de la crise et inventer un nouveau modèle de croissance.

C’est à eux et à eux seuls qu’il appartient de se déterminer et de choisir le chemin qu’ils veulent prendre.


Quel rôle Patrick Buisson a-t-il joué dans les orientations de votre campagne ?
Celui d’un analyste politique qui est aujourd’hui l’un des meilleurs connaisseurs de la société française, de sa complexité et de ses attentes.


François Bayrou a proposé de rendre inéligible à vie tout élu condamné par la justice. Que pensez-vous de cette proposition ?
Tout homme peut faire une erreur grave, une fois, et être évidemment sanctionné pour cela. Mais il a le droit de se relever. C’est la récidive qui est inacceptable. 

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