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Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Coups de gueule et coups de coeur sur des sujets variés, politique (j'adore!), actualité, automobile, billets d'humour, gastronomie, santé, enfants, protection animale, sport y tutti cuanti : no limit ! je vous attends.

NATHALIE KOSCIUSKO-MORIZET NOUS PARLE DU PRESIDENT SARKOZY

Kosciusko-Morizet : «Sarkozy n'est pas le même qu'en 2007»


Crédits photo : Jean-Christophe MARMARA/JC MARMARA/LE FIGARO

INTERVIEW - Pour la ministre du Développement durable, le discours de Hollande «a vocation à endormir, à baigner la France dans le Lexomil», alors que le président sortant met «la France en mouvement».

LE FIGARO.- La présidentielle va-t-elle se jouer entre Nicolas Sarkozy et François Hollande?

Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET.-Je souhaite que les Français fassent un choix clair. Entre une France en mouvement qui poursuit les réformes et retrouve son indépendance dans l'effort et un discours lénifiant qui a vocation à endormir, à baigner la France dans le Lexomil. Ce qui me frappe dans le discours de François Hollande, ce n'est pas tant ce qu'il dit, que ce qu'il ne dit pas. Il y a dans son projet un angle mort très important. À l'écouter, on pourrait penser que nous sommes dans des temps normaux et que la crise n'existe pas. La notion d'effort n'a pas de place dans le discours d'Hollande.


François Bayrou peut-il rejoindre la majorité?

Au premier tour de 2007, François Bayrou avait fait 18 %. Il s'est ensuite évaporé et les votes en sa faveur se sont perdus dans le sable. Sa candidature de 2007 est comme un essai qui n'a pas été transformé. Si j'étais un de ses électeurs de 2007, je m'interrogerais sur l'opportunité de réitérer mon vote en 2012. La question est maintenant de savoir ce qui pourrait donner un sens au vote Bayrou.


Dans son interview télévisée, Nicolas Sarkozy a évoqué ses «regrets». Ne risque-t-il pas de se fragiliser en faisant son mea-culpa?

Si c'est une construction, cela n'a aucun sens. Si, en revanche, Nicolas Sarkozy souhaite expliquer que le pouvoir l'a transformé, c'est très intéressant. Car le pouvoir a vraiment changé cet homme. Il a développé une attention à la complexité et une sensibilité à la fragilité des choses et des autres. Il a compris que l'on n'est pas tous au top à tout moment, qu'il faut parfois accompagner, que l'on ne peut pas mettre tout le monde dans des situations de concurrence. On dit toujours que le pouvoir assèche. Cela n'a pas été le cas. Nicolas Sarkozy n'est pas le même qu'en 2007.


Malgré les mauvais sondages, pensez-vous qu'il sera réélu?

On est encore trop loin du but pour que ces sondages aient du sens. La seule vraie défaite du politique, c'est l'indifférence. Cela fait dix ans que Nicolas Sarkozy occupe une place de premier plan dans la vie politique. Il ne suscite pas l'indifférence. Il se passe quelque chose quand un homme politique suscite un intérêt passionné, même lorsqu'il s'agit d'une passion critique.


Pensez-vous que Nicolas Sarkozy signera le pacte contre le mal logement de l'abbé Pierre paraphé mercredi par François Hollande?

Je ne peux pas répondre à sa place. Dans ce pacte, il y a des objectifs que nous partageons. Par exemple, construire 500.000 logements par an. Et, avec les mesures que Nicolas Sarkozy vient d'annoncer, nous devrions y parvenir. En 2011, 421.000 ont été mis en chantier. La possibilité de construire 30 % de logements supplémentaires sur un terrain permettra de construire 20.000 à 40.000 logements supplémentaires par an jusqu'à mi-2015. Et, entre 2012 et 2016, nous escomptons 100.000 autres logements (50.000 en Ile-de-France et 50.000 en régions) grâce à la vente des terrains de l'État.


Avec quel point de ce pacte n'êtes-vous pas d'accord?

La proposition de bloquer les loyers, un des chevaux de bataille de François Hollande. Cette politique, menée après les deux guerres mondiales, a été une catastrophe. Ainsi, la loi de 1948 a dissuadé les propriétaires de réaliser des travaux. Le résultat s'est soldé par une dégradation sans précédent des logements anciens. Si le blocage des loyers était la solution universelle, l'abbé Pierre n'aurait pas eu besoin de lancer son appel six ans après, en 1954.


Ne craignez-vous pas une hausse des prix des terrains et donc des logements occasionnée par l'augmentation de la constructibilité?

Je ne crois pas à une hausse généralisée des prix du foncier parce que nous allons rendre disponibles plus de terrains publics, et parce que beaucoup de logements supplémentaires construits grâce aux 30 % le seront sur des terrains aujourd'hui déjà vendus.


Quelles sont vos autres propositions concernant le logement?

Nicolas Sarkozy m'a demandé, ainsi qu'à Benoist Apparu, de regarder si on peut adapter en France le système allemand où le locataire peut attaquer en justice le propriétaire si son loyer est supérieur de 20 % au prix du marché. Il a également souhaité que soit réexaminée la question des droits de mutation. La France est un des pays de l'OCDE où les coûts de transactions sont les plus élevés, au détriment notamment de la mobilité professionnelle. Ils n'incitent pas d'ailleurs les collectivités à lutter contre la hausse des prix. À Paris, les coûts de transaction représentent plus d'un milliard de recettes par an. On comprend pourquoi le maire de Paris parle davantage des loyers que des prix.


Selon le rapport de la Cour des comptes, le nucléaire va coûter de plus en plus cher.

Cela fait des années qu'on dit qu'il y a des coûts cachés dans le nucléaire. Premier enseignement du rapport: il n'y a pas de coût caché. Mais il y a des incertitudes, donc des sous-évaluations possibles sur le stockage profond des déchets nucléaires, et sur le démantèlement des centrales. À la demande du premier ministre, nous allons réaliser un audit, un appel d'offres a été lancé, pour lever en partie ces incertitudes d'ici à la fin 2012. En attendant, même si l'on prend la fourchette haute de tous les coûts, par exemple un doublement du devis pour le démantèlement, l'impact sur les tarifs restera modeste, de l'ordre de 5 %.


Un nucléaire plus cher, cela ne donne-t-il pas raison à François Hollande qui veut en réduire la part dans le bouquet énergétique?

L'énergie doit être un sujet de débat dans la campagne. Les bons choix énergétiques doivent se faire en fonction de l'impact environnemental, du prix et des emplois. Quant à la part du nucléaire, la stricte application du Grenelle (23 % de renouvelables dans la consommation totale d'énergie donc une part plus grande pour la seule électricité) la réduira mécaniquement. Je défends les énergies renouvelables, l'éolien offshore ou le photovoltaïque en les adossant à des filières industrielles françaises. On attend 10 000 emplois de l'éolien en mer. L'écologie, ce n'est pas qu'une affaire de bobos, c'est aussi de l'emploi dans les usines!


Faut-il fermer la centrale de Fessenheim, comme François Hollande s'y est engagé?

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a exigé des travaux à Fessenheim. Ils ne sont pas négociables. Si EDF estime qu'ils sont trop chers ou infaisables, alors il faut fermer. Mais en annonçant par avance la fermeture de Fessenheim, François Hollande est l'otage de considérations électoralistes, il est dans l'idéologie.

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