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Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Coups de gueule et coups de coeur sur des sujets variés, politique (j'adore!), actualité, automobile, billets d'humour, gastronomie, santé, enfants, protection animale, sport y tutti cuanti : no limit ! je vous attends.

MARSEILLE : LA CLAQUE MERITEE POUR CARLOTTI, MEME SON PROPRE CAMP S'ELOIGNE D'ELLE

 

Les sondages donnaient Marie-Arlette Carlotti gagnante. Les sondages (!!!) donnaient Carlotti gagnante : Ah ils sont forts les sondeurs ! 

Paris a perdu contre Marseille dimanche soir. Marie-Arlette Carlotti a beau être ministre du gouvernement Ayrault, elle n'a pas convaincu les Marseillais de lui accorder leur confiance. Au contraire : il y a dans sa défaite dès le premier tour de la primaire du PS en vue des municipales un air de désaveu.

Retour en juin 2012. En lui attribuant le portefeuille de ministre déléguée aux Handicapés après sa victoire présidentielle, François Hollande pensait installer cette proche sur une rampe de lancement, direction la mairie de Marseille. Marie-Arlette Carlotti le pensait aussi. Tellement qu'elle fut outrée d'apprendre qu'une primaire serait organisée par le parti pour sélectionner le candidat à la succession du maire UMP Jean-Claude Gaudin. Carlotti voulait être désignée par le bureau national du parti. C'était oublier la volonté de cinq autres prétendants : Samia Ghali, Patrick Mennucci, Eugène Caselli, Christophe Masse et Henri Jibrayel.

Excès de confiance

Comment le PS aurait-il pu se permettre de se substituer au choix des Marseillais, alors qu'en 2011, ils étaient 27 000 à se déplacer pour désigner François Hollande candidat à la présidentielle ? La campagne de Marie-Arlette Carlotti fut en tout cas lointaine et détachée des enjeux. Le sentiment d'avoir le soutien du pouvoir et la certitude que son portefeuille ministériel suffirait à mettre les Marseillais dans sa poche ont conduit à un excès de confiance. L'accumulation de bons sondages a achevé de déconnecter Carlotti de la réalité (comme l'avait été Fillon pour la Présidence de l'UMP). Le 8 septembre, une étude Ifop pour Le journal du dimanche place la ministre en tête à 25 % des voix, talonnée par Samia Ghali à 24 %. Le 12 septembre, un sondage Opinionway pour Le Parisien lui attribue également 25 % des intentions de vote. Patrick Mennucci est second avec 24 %. Samia Ghali arrive en 4e position avec... 5 % des voix !

 

Samia Ghali et Patrick Mennucci ont, eux, labouré le terrain, usé de logiciels pour constituer des fichiers de militants à contacter le jour du vote, multiplié les prises de position sur Marseille et son avenir... Ils ont ramassé la mise.

Le PS lâche Carlotti

Dimanche, l'équipe de Marie-Arlette Carlotti a très vite compris que la partie était perdue. Bien avant le déjeuner, elle fustige déjà les minibus affrétés par Samia Ghali pour aller chercher les électeurs et attaque le clientélisme de cette candidate coriacement soupçonnée de bénéficier des réseaux de Jean-Noël Guérini.

Conscients que Carlotti ne répond pas aux attentes des Marseillais, les dirigeants socialistes lâchent la candidate. Alain Fontanel, secrétaire national en charge des élections, envoyé spécial à Marseille dimanche, explique dès le début de l'après-midi : "Le clientélisme, ce n'est pas de faire venir les gens. C'est de promettre un chèque, un emploi, un logement..." Et encore : "Si vous n'allez pas chercher les électeurs dans une primaire, ils ne viennent pas voter", rappelant que "la primaire, c'est mobiliser les citoyens en élargissant la base électorale". Il assène pour la route à la ministre une petite leçon de campagne : "Le covoiturage le jour de l'élection, c'est la règle de base du militant politique."(et ceci est valable pour la droite aussi, c'est aider, motiver, ce n'est pas tricher)

"Tout le gouvernement derrière elle"

À 20 h 30, Carlotti fait une déclaration à la sulfateuse (on pourrait dire à la kalachnikov sans rire !). Elle dénonce "un fonctionnement à plein régime du clientélisme" par Ghali, "une organisation paramilitaire." Trop, c'est trop, pour Jean-Marc Ayrault, qui décroche son téléphone et intime à sa ministre de soutenir Patrick Mennucci. Carlotti s'exécute à 23 heures passées, dans une déclaration éclair devant son QG de campagne, situé dans une... impasse. Cela ne s'invente pas. Les militants qui l'ont soutenue affichent des mines dépitées.

L'un d'eux avoue : "Je ne comprends pas... En plus, elle avait tout le gouvernement derrière elle !" À l'heure où François Hollande est plus impopulaire que jamais, à l'heure où les Français attendent les résultats d'une politique qui leur a demandé des efforts, peut-être ne faut-il pas aller chercher plus loin la réponse au revers de la ministre. Comme un air de désaveu. Alors les Marseillais, soutenez Ghali, je n'ai pas viré la cutie, je suis toujours UMP mais vraiment, cette femme a de bonne idées pour aider Marseille à se relever, et elle, au moins, mouille sa chemise !

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