Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Coups de gueule et coups de coeur sur des sujets variés, politique (j'adore!), actualité, automobile, billets d'humour, gastronomie, santé, enfants, protection animale, sport y tutti cuanti : no limit ! je vous attends.

GEORGES CLOONEY A BOUT PORTANT

 

«Jusqu'à présent,j'ai eu la grande chance de pouvoir mener une carrière éclectique sans être cantonné dans un genre unique», confie George Clooney. (Mars Distribution)
«Jusqu'à présent,j'ai eu la grande chance de pouvoir mener une carrière éclectique sans être cantonné dans un genre unique», confie George Clooney. (Mars Distribution)

L'acteur est un tueur à gage laconique dans le thriller minimaliste  The American , d'Anton Corbijn.

(À Los Angeles)

Fringuant en costume noir Armani à la coupe irréprochable et col de chemise parme ouvert, George Clooney déboule dans cet hôtel de ­Beverly Hills un grand sourire aux ­lèvres. Prêt à se plier au rituel à ­l'occasion de la sortie de son nouveau film, The American . Dans ce thriller minimaliste signé du photographe Anton Corbijn (Control) , il incarne un tueur à gages solitaire forcé de ­reprendre du service malgré lui, pour une ultime mission. Regard de ­velours direct, charisme électrisant, il se montre disert et analytique, ­lucide sur sa carrière et ses responsabilités de star.


LE FIGARO. - Ce personnage vous a-t-il semblé d'emblée évident à cerner?

George CLOONEY. - Oui, une fois trouvée la clé qui le caractérise intrinsèquement, à savoir son laconisme. Se trouvant dans une situation périlleuse, il doit être méfiant, perpétuellement aux aguets, sur le qui-vive. Impossible pour lui de faire confiance à quiconque. Un jeu intériorisé et, en même temps, très intense était à mon avis le seul moyen de traduire cette réserve, sa vulnérabilité derrière l'implacable sang-froid dont il doit faire preuve pour survivre. Défi d'autant plus stimulant pour moi que je n'avais jamais vraiment eu l'occasion de le faire à l'écran.


L'affiche et la bande-annonce laissent présager un polar d'action musclée alors qu'il s'agit, en définitive, d'un film plutôt contemplatif…

Pour tout dire, c'est cet aspect-là qui a été le plus difficile à rendre dans l'adaptation du roman de Martin Booth, A Very Private Gentleman. Au final, d'ailleurs, le scénario était très elliptique: il compte à peine 90 pages ! Notre but était d'essayer de recréer un certain style en vogue dans les années 1970, de donner au film le genre d'ambiance à l'européenne, un peu à la ­Melville. Anton était idéalement qualifié pour y parvenir avec ­cette approche distancée et son parti pris visuel…

Le tournage a eu lieu en Italie dans les Abruzzes, près de L'Aquila, qui avait été dévastée par le tremblement de terre…

Ce qui nous a permis de contribuer à la reconstruction de ces communautés encore terriblement affectées. C'est une région magnifique, notamment Castel del Monte, superbe village médiéval dont la population en plein hiver ne dépasse pas la centaine d'habitants. J'ai pu y déambuler seul, incognito - ce qui ne m'était pas arrivé depuis longtemps -, et m'imprégner de la sensation d'isolement identique à celle vécue par mon personnage.


Quel est le sujet de votre prochain film, The Descendants, d'Alexander Payne?

C'est l'histoire d'un avocat père de famille, riche propriétaire terrien de Hawaï. Il est amené à réexaminer sa vie à la suite d'un accident qui a plongé sa femme dans le coma. Il se rend compte qu'elle avait une liaison. Tandis qu'il cherche à découvrir qui était son amant, il se rapproche de ses deux enfants, qu'il avait négligés jusqu'alors. C'est aussi une comédie ! J'ai adoré travailler avec Alexander, pour qui j'ai une grande admiration. Sa manière de diriger les acteurs m'a totalement convenu.


À quand à un retour au petit écran?

En février, mais de l'autre côté de la caméra. Je vais réaliser l'adaptation de la pièce Farragut North, une satire virulente ayant pour toile de fond l'univers impitoyable d'une campagne électorale présidentielle. C'est un regard cynique sur le monde politique, à la fois drôle et méchant.


Vous aurez 50 ans en mai. Comment envisagez-vous le reste de votre carrière?

Vieillir à l'écran ne me dérange nullement, si c'est ce que vous cherchez à ­savoir. L'obsession de la jeunesse à ­Hollywood ne m'a jamais affecté. Je n'éprouve pas le besoin de me teindre les cheveux. Je sais parfaitement que les rôles en tête d'affiche de comédies ­romantiques se feront plus rares. Sans les renier, j'ai aussi passé l'âge des franchises comme la trilogie des Ocean. C'est pour ça que j'ai commencé à choisir davantage de rôles de composition, comme dans Michael Clayton et In the Air, par exemple.

Jusqu'à présent, j'ai eu la grande chance de pouvoir mener une carrière éclectique sans être cantonné dans un genre unique. Côté production, mes budgets ne dépassant pas 20 millions de dollars, cela me procure une plus grande indépendance et la possibilité de continuer à aborder des sujets variés et pas toujours très commerciaux. J'assume ces choix. Ce serait trop barbant autrement.


Dans un tout autre domaine, vous continuez à sensibiliser l'opinion publique aux tragédies du Darfour, d'Haïti et au Soudan…

Ces temps-ci, on parle hélas moins du Darfour et d'Haïti dans les médias. Cela ne signifie pas que tous les problèmes ont été réglés. Loin de là. Il est facile d'attirer l'attention sur une catastrophe lorsqu'elle survient. Bien moins à la longue… Le 9 janvier, le peuple du Sud-Soudan, où se trouvent d'importantes réserves de pétrole, pourra voter pour décider de son éventuelle sécession. L'enjeu est de taille et les risques conséquents vu les déclarations intransigeantes du président soudanais el-Béchir. Une solution diplomatique s'impose pour que le pays ne replonge pas dans la violence et la guerre civile.


La politique à temps plein vous tenterait-elle?

Pas le moins du monde. J'ai la position enviable de pouvoir dire ce que je pense sans avoir à me soucier de diplomatie et continuer à œuvrer pour des causes qui me tiennent à cœur en toute liberté.


La bande-annonce :

 

 

La critique

Après l'échec d'une mission en Suède, Jack (formidable George Clooney), tueur à gages paranoïaque, se réfugie en Italie, dans un village des Abruzzes. Son contact lui assigne une dernière mission: fabriquer une arme spécifique pour le compte d'une femme mystérieuse. Filmé avec exigence et style, ce thriller à l'ancienne signé du Néerlandais Anton Corbijn ( Control ) marche sur les traces de polars des années 1970 tels Le Samouraï de Melville ou les westerns spaghettis de Leone.

On peut également y déceler comme une fraternité avec le Ghost Dog de Jim Jarmush. Loin de ses prestations habituelles de séducteur mâtiné d'autodérision, George Clooney incarne un assassin professionnel impénétrable, silencieux et loyal, à la façon d'un Delon ou d'un Clint Eastwood. Film d'atmosphère à la trame ténue, The American montre la rédemption d'une âme noire et solitaire, à la manière d'une épure japonaise. Cette mécanique cinématographique est construite avec la même efficacité que le fusil de Jack. Le dénouement laissera sans voix. (Olivier Delcroix)


» George Clooney plus sombre que jamais

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :