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Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Coups de gueule et coups de coeur sur des sujets variés, politique (j'adore!), actualité, automobile, billets d'humour, gastronomie, santé, enfants, protection animale, sport y tutti cuanti : no limit ! je vous attends.

ESPAGNE : LE CHEMINOT FRANCISCO JOSE GARZON REFUSE DE REPONDRE AUX ENQUETEURS, POURQUOI ?

Francisco José Garzón, escorté après l'accident

 

Le conducteur du Madrid-El Ferrol, arrêté pour «imprudence», n'a pas voulu parler à la police. Celle-ci l'interrogeait vendredi pour tenter de comprendre pourquoi ce cheminot expérimenté roulait à 190 km/h au lieu de 80 dans un virage dangereux.


 

«C'est un gars normal et responsable». C'est ainsi que les habitants du village de Monforte de Lemos, en Galice, décrivent Francisco José Garzón, le conducteur du train à grande vitesse ayant déraillé à quelques kilomètres de Saint-Jacques de Compostelle, faisant au moins 80 morts. L'enfant du pays, âgé de 52 ans, a été placé sous le régime de la garde à vue «pour imprudence», bien qu'il soit toujours hospitalisé. Mais vendredi, il a refusé de répondre aux questions des enquêteurs qui voulaient l'interroger à l'hôpital. Il sera donc«présenté à un juge le plus tôt possible», a déclaré une porte-parole de la police.

Originaire de Galice, Francisco José Garzón est entré à la Renfe, la SCNF espagnole, il y a trente ans. Il travaillait alors à la gare de Monforte de Lemos, son village natal. «Il a commencé comme simple manoeuvre, et il a grimpé les échelons», explique l'un de ses proches à Publico . Après vingt années de service, ce cheminot devient assistant de conducteur de train en 2000, puis conducteur à part entière en 2003. Affecté sur la ligne Madrid-Barcelone, il obtient en 2010 sa mutation en Galice. L'homme, divorcé sans enfant, s'installe à la Corogne pour s'occuper de sa mère, malade.

Aux commandes pour les 200 derniers kilomètres du trajet

Ce jeudi 25 juillet, Francisco José Garzón était aux commandes du train à grande vitesse Alvia faisant la liaison entre Madrid et El Ferrol. Le cheminot est monté dans le train à Ourense, à 200 kilomètres du terminus, afin de relayer le conducteur déjà en place. La suite du trajet est connue du cheminot, qui travaille sur cette liaison depuis plus d'un an. Une grande ligne droite de près de 100 kilomètres, à parcourir à 220 km/heure, l'attend. À l'approche de Saint-Jacques de Compostelle, il doit freiner rapidement pour passer à 80 km/heure une série de virages avant la gare. Mais ce jour-là, le train ne ralentit pas.

Dans ses premières déclarations, le conducteur a expliqué que le système d'alerte s'est mis en route pour lui indiquer qu'il roulait trop vite. L'homme dit avoir alors appuyé sur le bouton indiquant qu'il avait bien vu l'alerte. Comme l'explique El Pais , le train avait quitté les voies à grande vitesse, où un système prévoit d'arrêter automatiquement les trains si la vitesse maximale autorisée est dépassée. Avec le système traditionnel ASFA, qui équipait les voies à proximité de Saint-Jacques de Compostelle, les trains ne sont arrêtés que s'ils roulent au-delà de 200 km/h. En-deça de cette vitesse, un signal lumineux indique au conducteur qu'il roule trop vite. En d'autres termes, dans ce cas présent, il revenait à Francisco José Garzón de freiner. Ce qu'il n'a pas fait, pour une raison encore inconnue.

Une publication Facebook polémique

Les médias espagnols ont mené leur enquête sur le conducteur. ABC s'est penché sur son compte Facebook, fermé quelques heures après le drame. Le journal a trouvé une photo datant de mars 2012, où l'on peut voir le tableau de bord d'un train. L'aiguille indique une vitesse de 200 km/heure. «Mec, tu vas trop vite, freeeeeeeeeeeeeeine», écrit l'un de ses amis. «Je suis à la vitesse maximale autorisée, si je vais plus vite, je me prends une amende!», répond le conducteur.

«Comment tu perdrais tous tes points [de permis voiture, ndlr] si la guardia civil [police espagnole] te choppait», plaisante un autre ami. «Quel plaisir ça serait de passer devant la police et de faire péter le radar. La Renfe se prendrait une sacrée prune!», lui répond le cheminot.


Cette petite phrase, relayée par tous les médias, a tôt fait de transformer Francisco José Garzón en fou du volant aux yeux d'une partie de l'opinion publique espagnole . D'autres dénoncent au contraire «un journalisme de caniveau» sortant une déclaration de son contexte. «Ça date de mars 2012, il y a un an. Un Alvia [TGV espagnol] peut aller à 200 km/h. Où est le problème?», écrit un internaute sur le site d'ABC. Un autre souligne qu'il s'agit en réalité d'une motrice d'un train série 334, prévue pour rouler à 200 km/h sur des lignes classiques.

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