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Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Coups de gueule et coups de coeur sur des sujets variés, politique (j'adore!), actualité, automobile, billets d'humour, gastronomie, santé, enfants, protection animale, sport y tutti cuanti : no limit ! je vous attends.

DELECTONS NOUS : SEGOLENE ROYAL FAIT LA LECON AU GOUVERNEMENT DU HAUT D'UN DONJON : SUPERBE !

Ségolène Royal, le 23 août à La Rochelle.

L'ex-candidate à la présidentielle de 2007 a livré, au sommet de la tour Saint-Nicolas de La Rochelle, une véritable leçon de politique au gouvernement, loin du sage discours qu'elle a tenu l'après-midi même à la tribune, devant les socialistes.

 

 

Un contraste saisissant. Alors que l'ensemble des ministres et des dirigeants socialistes sont réunis vendredi soir pour une grand-messe unitaire, censée être le point culminant de l'université d'été du PS, Ségolène Royal fait cavalier seul, et reçoit la presse au soleil couchant, au sommet de la tour Saint-Nicolas.

Surplombant le port de La Rochelle, ce donjon majestueux du XVIe siècle, au sommet duquel claque un drapeau français, servait autrefois de tour de défense aux anciens capitaines du port. «Ils ont fait exprès de mettre leur réunion à la même heure…!» plaisante Ségolène Royal, avec gourmandise. Son «pot» avec la presse était organisé de longue date, tandis que la réunion de la «motion majoritaire» du congrès de Toulouse a été actée lundi à Matignon.


Toute la ville à ses pieds, dégustant des petites verrines de produits de la mer, l'ex-candidate à la présidentielle de 2007 livre dans ce décor spectaculaire une véritable leçon de politique au gouvernement, loin du sage discours qu'elle a tenu l'après-midi même à la tribune, devant les socialistes. «Vous comprenez le ras-le-bol fiscal?» demande un journaliste. «Oui et je le soutiens!» attaque d'entrée la présidente de la région Poitou-Charentes. «Je nie tout impôt pour l'écologie», poursuit-elle au sujet de la «contribution climat énergie» annoncée jeudi par le ministre de l'Ecologie, Philippe Martin. «Ils ont clairement un problème de communication. Il faut expliquer, ils ne l'ont pas fait. Une vraie fiscalité, ça s'explique…»

La politique fiscale du gouvernement pointée du doigt

Royal plaide pour une «hausse du pouvoir d'achat». «Il faut encourager ce qui va dans le bon sens. Le message de l'impôt est tellement massif, brut de décoffrage…» tacle-t-elle encore. L'air de rien, Royal raconte ensuite qu'elle a croisé Philippe Martin, qu'elle lui a demandé des précisions sur sa mesure: «Il m'a dit qu'il ne savait pas…» ajoute-t-elle, faussement ingénue.


Sévère avec la politique fiscale menée par le gouvernement, elle l'invite à se concentrer sur l'économique et le social, au cœur du projet socialiste. «Tout devrait être mobilisé autour de la reprise. Tout devrait être tendu vers cet objectif», martèle-t-elle. Sur les retraites, Royal conseille de commencer par des mesures prenant en compte la pénibilité et les carrières des femmes. Elle juge risquée toute augmentation de la CSG. «Tout alourdissement des taxes est un danger pour la reprise économique», insiste l'ex-candidate de 2007.


Ségolène Royal se montre tout aussi sévère avec les récents couacs gouvernementaux, notamment le bras de fer entre Manuel Valls et Christiane Taubira au sujet de la réforme de la justice pénale. «Ridicule?» interroge un journaliste. «Oui, je trouve! tranche-t-elle sans hésiter. Ce sont des sujets sensibles. Anxiogènes pour les gens. Ca fait des dégâts. L'Intérieur et la Justice n'ont pas intérêt à se déstabiliser l'un l'autre. C'est retomber dans de vieux schémas de conflit qui ne servent personne. Ni la sécurité ni la gauche.»

Alors qu'on lui demande si elle juge le gouvernement indiscipliné, Royal raille ces «textos qui sortent du Conseil des ministres». «Mais ce n'est pas mon job, fait-elle mine d'éluder. Je ne veux pas empiéter sur la responsabilité de…» Le président de la République, François Hollande, le père de ses enfants, ne sera pas nommé.

«Tout alourdissement des taxes est un danger pour la reprise économique»

Ségolène Royal

L'ex-candidate de 2007 s'inquiète aussi de la progression du FN et du vote contestataire, à l'approche des municipales. «Il n'est pas trop tard pour l'empêcher, dit-elle. Rien n'est perdu, mais il va falloir très vite expliquer aux Français. (…) Ils apprécieraient si on leur donnait des perspectives. Ce qu'il faut, c'est être clair sur les convictions. (…) Il ne faut pas mentir, être clair avec sa conscience.» Les intéressés apprécieront. Quant au déroulement du rendez-vous annuel de La Rochelle, elle lance, perfide: «La première journée (jeudi) a été un succès… Après, je vous laisse écrire la suite.»


Le soleil décline, caresse une dernière fois les créneaux du donjon, mais elle est intarissable. Interrogée sur Martine Aubry, Ségolène Royal fait mine de s'interroger sur le silence qu'observe l'ancienne première secrétaire depuis qu'elle a quitté la tête du PS. «Ah, elle ne s'exprime pas? Elle fera bien un petit son demain (Aubry arrive samedi à La Rochelle, NDLR)!» Mutine: «Vous voulez que je lui demande de faire un son?» Assassine: «Moi, on m'a proposé de m'exprimer, j'ai dit oui. C'est du boulot, de s'exprimer. Elle était peut-être en vacances? Je ne sais pas… Moi, je dis ce que je pense.»


Sur son année de «reconstruction», la candidate défaite aux dernières législatives à La Rochelle ne s'étend pas. «On ne va pas ressasser 107 ans. La vie est courte. Les militants sont reconnaissants aux gens qui travaillent, qui ont du peps!» Alors qu'il y a quelques mois elle ne cachait pas son désir de revenir au cœur du «dispositif», Royal assure désormais ne plus rien demander. «Je ne cours après plus rien. Je n'attends rien.» Un silence. «C'est moi qui apporte des choses.»


Un hélicoptère troue soudain le ciel, survole le haut donjon. Elle lève la tête, éclate de rire: «Ils envoient des espions, avec des micros. Ils doivent se dire: elle est encore là, dans sa tour! Ils vont essayer de bloquer la porte de la tour. Clac! Je ne ferai pas le plongeon, je vous rassure.» Ses proches avaient prévenu: «Elle veut refaire de la politique.» Aucun doute, Ségolène Royal est de retour.

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