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Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Coups de gueule et coups de coeur sur des sujets variés, politique (j'adore!), actualité, automobile, billets d'humour, gastronomie, santé, enfants, protection animale, sport y tutti cuanti : no limit ! je vous attends.

CE NE SONT PAS DES NAZIS MAIS DE BANALS ETUDIANTS PACIFISTES S'INQUIETANT POUR L'AVENIR DE NOTRE PAYS

Un article d'Henri Mattéi (étudiant en communication) paru sur Bd Voltaire

veilleurs



22 h, mardi soir. La Manif pour tous clôt son rassemblement par une Marseillaise retentissante. Place aux « veilleurs des Invalides ». Ces jeunes militants ont décidé de stationner sans autorisation sur la pelouse de l’esplanade, toute la nuit et dans le silence, pour opposer le pacifisme et le calme à la répression policière de ces dernières semaines. Ces dizaines d’étudiants assis les uns à côté des autres ne sont pas des casseurs et « ne vont pas au contact des forces de l’ordre », comme certains l’affirment jour après jour.


Autour d’eux, un déploiement policier démesuré. Ça n’a pas l’air d’impressionner nos veilleurs, qui écoutent religieusement l’orateur leur lire des passages de textes issus de la littérature française (Rostand, Aragon, Péguy…). De nombreux policiers en civil les observent du coin de l’œil. Plus tôt, avant même la fin de la manifestation, ils avaient essayé d’intimider certains participants en leur expliquant qu’ils avaient en leur possession des vidéos de leurs précédentes actions et qu’ils étaient donc « tricards ». Mais ces menaces n’impressionnent personne. Dans les rangs, on reconnaît des amis, membres des « 67 », ces soixante-sept gardés à vue de dimanche soir à lundi.


Vers minuit, alors que les forces de l’ordre se rapprochent et encerclent les jeunes en sit-in, les députés Poisson et Gosselin font une apparition et encouragent la foule à ne pas baisser les bras. Interrompant leurs déclarations, un gendarme mobile lance les avertissements d’usage, hurlant dans son mégaphone et invitant tout le monde à quitter les lieux. Dans les rangs, personne ne bouge.


Les gendarmes, visiblement embêtés, essayent de convaincre les veilleurs de partir de leur plein gré. L’ordre tombe et chaque gendarme ou policier s’empare d’un jeune, à coups de matraque s’il le faut. Les députés bousculés hurlent leur indignation. Traînés, voire portés jusqu’à la station de métro, les manifestants sont sidérés par ces mesures si peu en adéquation avec leur action.


À partir de là, tout s’enchaîne très vite : les personnes restées dans l’entrée de la station pour attendre leurs camarades ou pour protester sont violemment rejetées sur les tourniquets. Les coups de tonfa pleuvent et le lacrymo inonde tout le monde de son délicieux parfum. Les derniers récalcitrants sont placés manu militari dans les wagons.

Cette violence est-elle justifiée ? Pourquoi s’opposer de cette manière face à une foule assise en silence ne gênant ni la circulation ni le voisinage ? On n’en fait pas tant pour les fêtards du Champ-de-Mars…

Après des mois de caricatures, présentant les militants comme une bande de nazis haineux et violents, difficile de se rendre compte qu’ils ne sont que de banals étudiants s’inquiétant seulement pour l’avenir de leur pays…


Henri Mattei, le 17 avril 2013

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