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Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Coups de gueule et coups de coeur sur des sujets variés, politique (j'adore!), actualité, automobile, billets d'humour, gastronomie, santé, enfants, protection animale, sport y tutti cuanti : no limit ! je vous attends.

AFFAIRE DU CARLTON : LES CARTES DE L'ACCUSATION CONTRE DSK, résultat demain

 

Dominique Strauss-Kahn, le 11 décembre à Paris, le lendemain de l'accord conclu à New York avec Nafissatou Diallo.
Dominique Strauss-Kahn, le 11 décembre à Paris, le lendemain de l'accord conclu à New York avec Nafissatou Diallo. Crédits photo : Jacques Brinon/AP


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Le Figaro dévoile les arguments du parquet général avant que la cour d'appel de Douai décide mercredi du sort du dossier.

Après l'accord scellé à New York avec Nafissatou Diallo, l'avenir judiciaire de Dominique Strauss-Kahn dans l'affaire du Carlton se joue mercredi. L'objectif principal de sa défense est d'obtenir l'annulation de sa mise en examen pour «proxénétisme aggravé en bande organisée». Au terme d'une enquête qui a commencé fin mars 2011, les juges d'instruction de Lille estiment, eux, cette qualification adaptée. Devant la cour d'appel de Douai, le parquet général a également soutenu que cette mise en examen reposait sur «des indices graves et concordants». Le Figaros'est procuré ces réquisitions. Elles reflètent l'analyse que fait l'accusation du dossier, vision qui sera confirmée ou non mercredi par les magistrats de Douai.


En préambule, le parquet général estime que lors de sa garde à vue, les 21 et 22 février 2012, DSK «s'inscrivit dans la rhétorique du libertinage, adoptant une stratégie d'esquives et d'euphémismes». Puis que, devant les juges, «il récusa les charges (…) en soutenant d'une part avoir ignoré la mise en place par Paszkowski et Roquet (deux chefs d'entreprise, organisateurs des rencontres, NDLR) de protocoles proxénètes aux financements frauduleux (car largement payés par les entreprises) et, d'autre part, avoir également ignoré que la plupart des femmes participant à ces soirées étaient des prostituées intermittentes ou professionnelles». Pourtant, insiste le parquet général, «trois aspects saillants et combinés établissaient au contraire l'implication de Strauss-Kahn au sein d'un processus pérenne constitutif des faits de proxénétisme par mise en faveur et promotion de la prostitution d'autrui et d'association de malfaiteurs». Voici donc les trois fondements de l'accusation.

• «Les expéditions sexuelles programmées en fonction de l'agenda de Dominique Strauss-Kahn»

Lors de ses interrogatoires, l'ancien ministre a dit «ne pas se souvenir précisément» de toutes les soirées. Les enquêteurs lui ont rafraîchi la mémoire, énumérant une quinzaine de rencontres à Paris, Bruxelles, Lille ou Washington entre 2008 et 2011. Où il est à nouveau question du restaurant parisien L'Aventure, près de l'Étoile, de l'hôtel Murano, également à Paris, d'un club belge, Le Tantra, du restaurant La Laiterie à Lambersart (Nord) ou des escapades à Washington dont la dernière, le 13 mai 2011, eut lieu la veille de l'épisode du Sofitel avec Nafissatou Diallo. Pour l'accusation, les rencontres étaient donc calées sur l'emploi du temps du patron du FMI, preuve que le réseau fonctionnait pour lui.

• «La teneur des SMS entre Strauss-Kahn et Paszkowski»

Une «masse» de messages est échangée entre le spécialiste de l'économie mondiale et le gérant de sociétés vendant du matériel médical. Des SMS, assurent les magistrats, «emblématiques de la connivence entre Strauss-Kahn et Paszkowski et de leur quête du sexe à la faveur de “parties” organisées au service des désirs de Strauss-Kahn». Parmi ces messages, celui du 4 juillet 2009, adressé par le directeur du FMI: «Veux-tu (peux-tu) venir découvrir une magnifique boîte coquine à Madrid avec moi (et du matériel)?» Ou celui du 23 janvier 2010: «Titouan, ça va marcher. Je l'ai vu ce soir et je lui ai fait un cadeau», compromettant car pouvant laisser entendre que DSK a fourni une partenaire sexuelle à un tiers.

• «Les témoignages des filles»

Pour les magistrats de l'accusation, DSK ne pouvait sérieusement penser que les jeunes femmes accompagnant ses amis nordistes n'étaient pas des professionnelles. Certes, écrivent les magistrats, «si la plupart des prostituées, sur instructions de Paszkowski, disaient avoir veillé à cacher la vérité à DSK, certaines filles les contredisaient». Et de s'appuyer sur le témoignage de «Béa», maîtresse quadragénaire de Dodo la Saumure et maquerelle sur laquelle DSK se serait jeté en lui disant «C'est toi que je veux!» dans les sous-sols de L'Aventure. Ou sur celui de «Jade», issue du club Madame, contrôlé par Dodo, qui affirmait qu'«aucun des protagonistes n'ignorait son statut de prostituée».

 

L'accusation relate aussi le cas de X., née en 1983, alors standardiste stagiaire à RMC, qui, «à la faveur d'une émission politique, s'était rapprochée de DSK en vue d'un emploi pérenne dans la communication» avant que celui-cine «l'entraîn(e) rapidement dans une boîte libertine puis une autre» et qu'ellesoit «dirigée vers des partouzes» dont les participantes étaient «manifestement toutes des prostituées». «N'étant pas amatrice du genre, elle tâcha cependant d'y faire bonne figure, toujours dans l'espoir d'un emploi stable», notent encore les magistrats, selon qui X. aurait livré «de nombreux détails sordides quant à son expérience de l'univers de DSK».



«Un réseau furtif de courtisans» 

Le parquet général résume ainsi, dans un style plutôt ronflant, ses griefs contre DSK: «Depuis plusieurs années s'était développé autour de la personne de Dominique Strauss-Kahn et avec sa connivence un réseau furtif de courtisans qui recrutait des prostituées pour satisfaire ses appétits et en attendait vraisemblablement une récompense dans la perspective de sa fortune politique annoncée (…) Strauss-Kahn n'était pas qu'un simple client de prostituées. Tous gravitaient autour de lui tel un astre et la logistique déployée n'était destinée qu'à lui complaire.

 

En demande permanente, il induisait une offre de plus en plus zélée impliquant depuis 2010 des transports transatlantiques coûteux de prostituées et d'“invités” financés au détriment d'entreprises sans qu'il s'en souciât apparemment. De strictes consignes étaient données aux filles par d'autres protagonistes de premier rang pour camoufler leur état de prostituées et taire le véritable qualificatif dans le cadre des débauches que chacun des initiés s'accordait à baptiser “libertinage”.»

 

Demain on saura le sort qui sera réservé à DSK : espérons qu'il sera poursuivi et puni.

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