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Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Coups de gueule et coups de coeur sur des sujets variés, politique (j'adore!), actualité, automobile, billets d'humour, gastronomie, santé, enfants, protection animale, sport y tutti cuanti : no limit ! je vous attends.

J'AURAIS DU ETRE UN HOMME QUI SAIT ?

Rediffusion 

Stella votre blogueuse préférée (!) 2 ans et 1/2 et sa  soeur Linda 9 mois hiver 1950


N'allez surtout pas croire que je renie ma féminité, je suis heureuse d'être mère, grand-mère, bien qu'épouse ça ait un peu foiré mais c'est pas grave j'ai compensé !
Quand j'étais enfant, première petite-fille de la famille, j'ai été gâtée, choyée d'une part par ma famille en France, d'autre-part par ma grand-mère et mon grand-père Anglais, bref, étant le premier petit-enfant de la maison, j'étais traitée comme une reine. Je regrette de ne pas avoir d'histoire triste à faire sortir les kleenex, je sais que c'est vendeur, seulement voilà, moi, je n'ai rien à vendre juste à raconter.



Mon premier Noël conscient 21 mois

 

De plus, j'ai cumulé les handicaps, car je suis née dans un certain milieu bourgeois de province, où la vie était douce, où j'ai reçu une éducation stricte mais efficace baignant dans deux cultures, j'apprenais le piano, le chant, que demande le peuple ?


Très tôt, j'ai eu conscience de ne pas avoir la même vie que la plupart de mes camarades, mais je ne comprenais pas pourquoi, car, surprotégée, la vraie vie pour moi c'était la mienne. Lorsque je partais en Angleterre pendant certaines vacances, mes copines s'imaginaient que j'allais très loin et je devais à mon retour leur raconter mon séjour, je trouvais qu'elles étaient bizarre : la télévision  n'était pas encore arrivée dans l'aveyron (dans les années cinquante à soixante), les grands magasins, les escalators, les bus rouges à étages... Dans ma campagne, on me prenait pour une extra-terrestre et souvent, même si j'avais quelques copines, la plupart ne m'aimaient pas car elles devaient me jalouser, je comprends aujourd'hui.


Je n'ai jamais joué à la poupée, car ce qui était "pour de faux" ne m'a jamais intéressée. J'étais kamikaze, je montais sur le toit de la maison en cachette, je faisais des cascades à vélo, de l'auto à pédales et j'ai même eu un avion à pédales, de grande envergure (environ 2 mères de large) qu'un ferronnier avait fabriqué exprès pour mon père.


Je vivais dans une grande maison de 17 pièces où toute la famille cohabitait, arrière grand-mère, grand-parents,parents, enfants, et il y avait attenant le garage de l'Entreprise de Transports Routiers où se faisait l'entretien des véhicules. J'avais observé très jeune comment faire pour conduire, et, dès l'âge de 12 ans je prenais un vrai plaisir à déplacer les camions pour les mettre au quai de chargement et j'en étais très fière.
A 15 ans, je surveillais et aidais les chauffeurs à charger les camions en fonction des tournées, vérifiait les bons, et avais déjà une autorité naturelle qui me permettait d'entretenir avec les employés une relation amicale tout en étant repectée.
Je vous passe les détails d'une longue vie, mais je voudrais juste m'attarder sur le fait que j'ai toujours aimé diriger un groupe, prendre des risques, rouler vite, décider, tout ce que faisaient habituellement les garçons.


J'ai très tôt été totalement bilingue, trop en avance à l'école, je m'ennuyais et cet ennui me rendait parfois méchante et moqueuse, je ne comprenais pas qu'on ne percute pas tout de suite, et j'étais frustrée quand  un cours se terminait sans en connaître la suite.
Cela m'a causé de graves désagréments, et a perturbé à l'adolescence mon cursus scolaire. Aujourd'hui cela n'arriverait pas car on prend en compte les enfants précoces. Moi, ça m'a cassée, et la petite fille gâtée est devenue infecte pendant des années. J'en voulais à tout le monde de mon mal être.
Alors j'ai voulu grandir trop vite, je me suis mariée à 17 ans, j'ai eu mon premier enfant à 18 ans et, à trente ans, j'en avais quatre (que j'avais désirés), mais je continuais en autodidacte à me cultiver, toujours curieuse de tout savoir.



Je rentrais ce jour-là de la clinique où j'avais accouché de mon quatrième fils David Mars 1975

 

C'est la venue des enfants qui a créé un déclic et j'ai mué en une véritable mère poule, ne désirant qu'une chose, driver mes enfants tout en restant à l'écoute pour qu'un jour ils n'aient pas le mal de vivre.


J'avais choisi mon mari en fonction de certains critères, sans amour, tout était calculé pour que mes enfants soient beaux et aient de bons gênes. (Quelle horreur, mais c'est ainsi). Mais mon mari, que j'ai beaucoup roulé dans la farine, souvent humilié pour son manque de culture ou d'instruction (d'après moi), un jour m'a donné une bonne leçon, celle de l'intelligence du coeur :
C'était midi, j'arrivais du boulot, les enfants de l'école. La table était mise depuis le matin, le repas préparé depuis la veille, je bossais à fond les manivelles pour être une superwoman et je n'étais jamais satisfaite. Je m'imposais un rythme d'enfer.


Mon mari rentra dans la maison, comme d'hab je l'ignorais, et vaquais à mes occupations quand il me tendit un bouquet de branches de cognassier du Japon aux magnifiques fleurs d'un rose/rouge flamboyant. Tiens me dit-il puisque tu aimes tant les fleurs, ce matin sur la route devant une petite maison abandonnée, j'ai vu un arbuste énorme et j'ai coupé quelques branches pour toi. tu mérites bien ces fleurs et bien plus encore !

Et là..., j'étais sciée. Moi le chêne, le pilier, celle qui refusait toute tendresse pour faire la forte et qui mettait un point d'honneur à tout gérer jusqu'à l'épuisement, je me suis mise à pleurer sans pouvoir m'arrêter.
Ce jour-là, j'ai eu un déclic, et j'ai su accepter les choses qui m'avaient blessée et dont personne finalement n'était responsable, sans en vouloir à la terre entière, sans imposer ma dictature.
je me suis retrouvée, j'ai fait la paix avec moi-même, et j'ai rendu tout le monde plus heureux autour de moi.

Mes trois aînés Frank, Stéphanie et Steven, tandis que le plus jeune David roupille dans son couffin et que Sultan, le poney ariégeois mange son grain.Juillet 75.

oh mon Dieu la coiffure, 1 mois après je coupais très court mes cheveux et depuis, je les ai gardé ainsi (Mai 1975)

Depuis 30 ans, nous sommes séparés mon mari et moi, mais nous avons de l' estime l'un pour l'autre, nous sommes là quand il faut, même s'il m'arrive parfois encore de bousculer le quotidien et d'être cassante.

Parfois il y a des moments où j'ai des vélléités d'un Général d'armée, mais mes proches osent me le dire.
SAUF... : quand on rentre en campagne électorale, où personne ne me prendra la place où se prennent les décisions de l'organisation, où à vrai dire j'excelle (merci pour le compliment que je me fais moi-même), car j'ai un feeling + une formation au marketing qui me rendent  très forte.ET LA, même les mecs n'ont qu'à bien se tenir et ça fait plus de trente ans que ça dure et j'adore ce combat où mon âme guerrière peut s'accomplir.



2008, le poids des ans est là, avec un peu de sagesse aussi !

Cela fait maintenant 10 ans que mon père est parti, il me manque toujours autant car je n'ai jamais pu lui dire que je l'aimais, j'avais trop de pudeur peut-être même d'orgueil pour me laisser aller aux sentiments avec mes parents. Ma mère est toujours en vie, elle sait que je l'aime mais je ne le lui ai jamais dit. Par contre, avec mes enfants et mes petits-enfants, nous avons toujours été très communicants et tactyles  un vrai bonheur auquel je goûte sans modération.

Vous avez dit compliqué la vie parfois ? J'aurais dû être un mec, cela aurait été peut-être plus simple qui sait ?


 

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