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Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Coups de gueule et coups de coeur sur des sujets variés, politique (j'adore!), actualité, automobile, billets d'humour, gastronomie, santé, enfants, protection animale, sport y tutti cuanti : no limit ! je vous attends.

TORTURE ET HUMILIATIONS A FLEURY-MEROGIS

Fleury-Mérogis : un ancien détenu dit avoir été torturé


L'intérieur de la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, en 2006.

Les violences auraient été tolérées par les surveillants qui souhaitaient le faire taire. L'homme ayant été le témoin des derniers instants d'un codétenu, violenté par des gardiens. Une information judiciaire est ouverte.

C'est une histoire terrible que narre un ex-détenu de la prison de Fleury-Mérogis dans Le Monde de mardi. L'homme, âgé de 32 ans, ne livre pas son identité. Il affirme avoir subi des violences de la part d'autres prisonniers durant son passage derrière les murs de cette prison de la banlieue parisienne. Des violences qui auraient été tolérées par des gardiens de la prison. Sa «faute» ? Avoir assisté à une scène compromettante pour les surveillants à Fleury-Mérogis, après le décès d'un autre détenu. Les «matons» auraient ainsi voulu le dissuader de dévoiler les faits dont il dit avoir été témoin.


L'ex-prisonnier a été entendu le 23 avril dernier par la juge d'instruction Caroline Davroux dans le cadre d'une information judiciaire ouverte le 27 août 2007 après la mort de Denis Ardon, 22 ans, détenu à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis. Selon ses déclarations, il aurait vu des membres de l'administration pénitentiaire porter des coups à la victime. Denis Ardon avait été transporté à l'infirmerie après une bagarre dans la cour de promenade.

Après sa mort, les surveillants «s'engueulent entre eux», explique l'ex-détenu dans Le Monde. Ils semblent oublier qu'un témoin assiste au drame. De leur côté, les surveillants nient avoir frappé Denis Ardon.

Selon Me Brossier, l'avocat de l'ancien prisonnier, son client a bénéficié par la suite d'une situation relativement privilégiée pour un détenu, en tant qu'«auxiliaire de cuisine». «Dans les jours qui ont suivi l'incident de l'infirmerie, j'ai constaté que des surveillants avaient une attitude bizarre envers moi.

Ils étaient trop gentils, explique-t-il. Puis sa situation change après la visite d'une assistante sociale. On le soupçonne d'avoir «balancé». Il fait l'objet de menaces et de «gifles» de la part de gradés de l'administration pénitentiaire. «On lui a fait comprendre qu'il devait se taire», estime Me Brossier. Il dit avoir ensuite subi des violences de la part de codétenus, qui lui ont fracturé la clavicule et un doigt, blessures qui, selon lui, n'ont pas été soignées, selon son avocat.
De ces premières violences date sa première tentative de suicide. Deux autres suivront. Alors à l'isolement, des codétenus lui auraient infligé des brûlures aux fesses avec une résistance, et le violent avec le manche d'une balayette. Pour son avocat, il s'agit d'actes de torture et de barbarie. Les faits de viol n'ont toutefois pas été mentionnés devant le juge d'instruction en avril, explique-t-on de source judiciaire.

 

«Quelque chose d'extrêmement grave»

 

«Si les faits sont avérés, c'est quelque chose d'extrêmement grave et j'exige que toute la lumière soit faite. Il y une enquête en cours», a déclaré la garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie, en marge d'un déplacement à Marseille.
Le parquet d'Evry a en effet ouvert mardi une information judiciaire pour «violences volontaires en réunion et avec arme». Elle a été confiée à la juge qui instruit également l'enquête sur le décès du détenu survenu en août 2007. Dans cette dernière affaire, un homme de 27 ans - aucune précision sur son statut n'a été dévoilée - avait été mis en examen pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.


«La prison doit cesser d'être un monde de non-droit et si les conditions de travail des personnels sont souvent difficiles, les conditions de vie des détenus ne sont pas acceptables», a réagi mardi le Parti socialiste qui estime que ce sera «l'enjeu majeur» du débat sur la loi pénitentiaire sur laquelle se pencheront les députés en septembre.


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