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Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Coups de gueule et coups de coeur sur des sujets variés, politique (j'adore!), actualité, automobile, billets d'humour, gastronomie, santé, enfants, protection animale, sport y tutti cuanti : no limit ! je vous attends.

COLONNA OU LA LACHETE D'UN CRIMINEL QUI N'ASSUME RIEN

Yvan Colonna fait de la politique au tribunal

 (source: d'après lefigaro.fr)Yvan Colonna entend imprimer une atmosphère âpre aux débats. (AFP/PEYRUCQ)
Yvan Colonna entend imprimer une atmosphère âpre aux débats. (AFP/PEYRUCQ)

Le berger de Cargèse affirme être condamné avant d'être jugé et s'en prend à Nicolas Sarkozy.

L'homme désigné par tous les membres du commando comme étant le tireur et l'instigateur dans l'assassinat du Préfet Erignac n'a aucunement le sens de l'honneur. D'abord la fuite pendant plusieurs années, puis le mensonge : lâcheté !

Le patron de la défense, c'est Yvan Colonna. Cinq avocats sont assis devant lui, mais le client commande. Il a retroussé ses manches, dévoilant des avant-bras endurcis par la vie au grand air et entretenus dans la salle de musculation de Fresnes. Puis, il a parlé.

«Je voudrais vous dire que personne de ma famille ne viendra témoigner: je le leur ai interdit. C'est un jeu hypocrite, on les fait venir alors qu'on ne les écoute même pas. Que je sois un bon ou un méchant garçon, un bon ou un mauvais époux, ça n'a aucune importance. La seule question, c'est celle-ci: suis-je innocent ou pas?»


L'accusé, pugnace au point de frôler l'outrecuidance, entend placer les débats d'appel sur un terrain politique: «Depuis mai 1999, il y a une vérité absolue: je suis l'assassin du préfet Érignac, argumente-t-il. Avec un pic en 2003, quand M. Sarkozy a dit: "On a arrêté l'assassin". La présomption d'innocence, c'est bon pour ses amis, mais pas pour moi. M. Sarkozy a reçu les parties civiles à de nombreuses reprises, il s'est engagé à ce que je sois condamné. Comment voulez-vous que j'aie confiance dans la justice?»

Le président Wacogne, très ferme: «Ce n'est pas lui qui vous juge.»


Yvan Colonna, excédé: «Il dégage un préfet dans la Manche, en licencie un autre en Corse, limoge un juge en Alsace, et ça n'aurait pas d'influence sur un procès d'État comme celui-là? Que le président de la République soutienne la famille Érignac, rien à dire; mais qu'il dise que je suis coupable, c'est un mélange des genres. Je demande qu'on examine les faits en dehors des pressions politiques.»

M. Wacogne, plus sec: «La cour ne les connaît pas et ne souhaite pas qu'on revienne sur ce sujet.»


L'accusé, prenant la mouche: «Si je ne peux pas m'exprimer, expulsez-moi.»

Habilement, le président ramène Yvan Colonna au sujet du jour: lui-même. Bien qu'il ait dit tout à l'heure qu'il était le mieux placé pour l'évoquer, l'accusé rechigne à se dévoiler. Contrairement au procès de 2007, il s'étend peu sur son attachement viscéral à la Corse. De ses parents, ex-professeurs d'éducation physique, de son père, ancien député socialiste des Alpes-Maritimes, il parle peu.


En ce qui concerne son engagement nationaliste, Yvan Colonna le cantonne strictement dans le temps de 1982 à 1989 , et dans l'expression purement politique, niveau militant de base, non violent. En clair: neuf ans avant l'assassinat de M. Érignac, parce qu'il venait d'avoir un enfant, «Ghjuvan-Batista» (Jean-Baptiste), et d'ouvrir une bergerie, Yvan Colonna avait raccroché la cagoule qu'il n'aurait d'ailleurs jamais coiffée mais dont l'accusation s'ingénie, selon lui, à l'affubler. Me Simeoni a beau jeu de faire confirmer à son client qu'en dépit de deux gardes à vue dues à des «dénonciations anonymes», il n'a jamais été condamné ni même entendu comme témoin dans une quelconque procédure terroriste.


Yvan Colonna entend imprimer une atmosphère âpre aux débats qui viennent de s'ouvrir. Afin d'instaurer un rapport de force, comme au rugby on fait donner le pack concasseur plutôt que les gracieux ailiers, il sacrifie les témoignages aimants de sa famille. Chacun attend désormais de savoir quelle stratégie il adoptera face aux membres du commando définitivement condamnés, attendus à la barre à la fin du mois, et qui lui avaient été si défavorables en première instance. Le risque serait grand que la cour ne déduise une fois de plus de leurs échanges hermétiques - si d'aventure ils étaient réitérés -, que sa vraie famille, c'est celle-ci, qui le renie et le condamne.


» EN IMAGES - Une affaire hors du commun

» DOSSIER SPECIAL - Colonna jugé en appel

Et bonne lecture !

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