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Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Coups de gueule et coups de coeur sur des sujets variés, politique (j'adore!), actualité, automobile, billets d'humour, gastronomie, santé, enfants, protection animale, sport y tutti cuanti : no limit ! je vous attends.

CHARLIE HEBDO : UNE FAILLE BEANTE DANS LE RENSEIGNEMENT : GRAVISSIME !

CHARLIE HEBDO : UNE FAILLE BEANTE DANS LE RENSEIGNEMENT : GRAVISSIME !

Le suivi des frères Kouachi a-t-il fait, courant 2014, l'objet d'un arrêt de prise en charge directe par la structure centrale de la DGSI ? Le gouvernement va devoir s'expliquer sur les faiblesses de notre dispositif de surveillance antiterroriste.

Une «faille». Le mot a été lâché par le premier ministre en personne. «Il y a une faille bien évidemment. Quand il y a dix-sept morts, c'est qu'il y a eu des failles», a-t-il déclaré, dès vendredi. Manuel Valls a compris qu'il avait intérêt à prendre les devants, lui qui, faisant allusion à l'affaire Merah, avait lancé, en s'adressant aux bancs de l'opposition, à l'Assemblée: «Le retour du terrorisme, c'est vous!»

Comment a-t-on pu négliger, en effet, la montée en puissance de l'équipe Kouachi-Coulibaly? Selon certaines sources, le suivi des frères Kouachi, à qui l'on doit la tuerie de Charlie Hebdo, mercredi dernier, aurait fait, courant 2014, l'objet d'un arrêt de prise en charge directe par la structure centrale de la Direction générale de sécurité intérieure (DGSI), qui gère les cas les plus lourds. Le dossier aurait été reversé à un échelon inférieur, une direction zonale, issue de la réforme du renseignement décidée après l'affaire Merah. «Et c'est peut-être là que la déperdition en informations s'est accentuée», spécule une source judiciaire.

En clair: non seulement le déclassement vers un échelon local témoignerait du manque de discernement des autorités, mais en plus, l'échelon local n'aurait même pas pris le relai correctement. Comme si la réforme du Renseignement à ce niveau était encore une coquille vide. Il est symptomatique d'ailleurs d'entendre les professionnels de l'antiterrorisme se plaindre régulièrement que le travail qu'effectuaient les ex-Renseignement généraux (RG) autrefois, dans les départements, n'est plus réalisé.

Des hommes considérés comme dangereux il y a plusieurs années

Quoi qu'il en soit, pour l'équipe Valls qui pensait exploiter à coups de commissions d'enquête les failles de l'affaire Merah, le dossier est épineux. Le gouvernement va devoir gérer l'explication de ce qui s'est passé ces jours-ci et qui vaudrait bien en soi une nouvelle commission d'enquête.

Si l'affaire du tueur de Toulouse, jamais condamné pour terrorisme avant qu'il ne commette l'horreur absolue, est une faille, que dire en effet des événements qui viennent de se produire? Voilà des individus qui, durant trois jours, ont mis le pays à feux et à sang alors qu'ils étaient membres de réseaux connus, poursuivis, condamnés, parfois à plusieurs reprises. Cela mérite pour le moins un éclaircissement.

Certains objecteront que les Kouachi étaient passés à travers une vraie sanction faute d'éléments à charge suffisants. Mais l'argument ne vaut pas pour les services de renseignement antiterroristes, qui considéraient ces hommes comme dangereux au moment de leurs garde à vue ou de leurs procès, il y encore quelques années. Les services auraient-ils perdu la mémoire?

Djamel Beghal, l'ami des Koulibaly et des Kouachi était l'homme qui voulait, dès 2001, faire sauter l'ambassade des États-Unis ou un centre culturel américain à Paris. Smaïn Ait Ali Belkacem, celui que ce quatuor et quelques autres voulaient aider à s'évader de la prison de Clairvaux en France en 2010, était le poseur de bombe de l'attentat de la station RER d'Orsay, à Paris, le 17 octobre 1995, qui fit trente blessés.

Plus qu'une faille, un abysse

Les compagnons d'arme des frères Kouachi et autres Coulibaly sont autant de noms que tous les spécialistes des questions terroristes, journalistes, magistrats ou policiers connaissaient. Une simple recherche sur Google, un clic dans les archives de presse et tout remontait à la surface, avant même les drames qui viennent d'endeuiller la France. Le nom de Mohamed Merah, lui, n'aurait pas dit grand-chose à quiconque s'il avait été mis dans les moteurs de recherche d'Internet avant les tueries de mars 2012.

Les services savaient même que l'un des frères Kouachi s'était rendu en 2011 au Yemen, dans des camps d'entraînement. Ce n'est plus une faille, c'est un abysse. Mais que peuvent réellement les autorités face à des djihadistes chaque jour plus nombreux, qui comptent au moins 50 à 100 activistes susceptibles de passer à l'acte et un vivier de plus d'un millier d'exaltés imprévisibles? Ce n'est pas faire injure à l'appareil de sécurité, qui a su montrer sa capacité de réaction après les événements, que d'insister sur l'impérieuse nécessité de parfaire ses outils d'anticipation. Puisque le gouvernement lui même explique que le péril est grand !

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