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Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Coups de gueule et coups de coeur sur des sujets variés, politique (j'adore!), actualité, automobile, billets d'humour, gastronomie, santé, enfants, protection animale, sport y tutti cuanti : no limit ! je vous attends.

DANS 20 ANS IL Y AURA SANS DOUTE DES FRUITS NOUVEAUX, PLUS COLORES, POUR UN BIEN ?

DANS 20 ANS IL Y AURA SANS DOUTE DES FRUITS NOUVEAUX, PLUS COLORES, POUR UN BIEN ?

Mathilde Causse, Directrice de recherche, pour Midi-Libre

Plus le fruit est rouge, plus il attire. (DR)

Directrice de recherche à l’Inra Montfavet, à Avignon, Mathilde Causse fait le point sur les fruits du futur, qui pourront être très variés.

Pourquoi avez-vous organisé un congrès sur la tomate ?

Sous l’égide de l’association Eucarpia (l’Association européenne pour la recherche en amélioration des plantes), l’Inra d’Avignon a réuni, du 22 au 25 avril, 170 chercheurs de 17 pays, y compris du Japon et des Etats-Unis, et 90 sélectionneurs privés. Le domaine est dynamique. Cela nous a permis de mieux comprendre la domestication de la tomate : son adaptation au stress hydrique, au réchauffement climatique... En Provence, l’été, il fait trop chaud pour la cultiver sous serre. Le reste de l’année, maintenir une température constante coûte de plus en plus cher.

On a aussi partagé nos connaissances sur la résistance aux maladies comme le TYLCV, un virus transmis par la mouche blanche qui ravage les cultures, et qui est à nos frontières. S’il arrive chez nous, la production chutera. Et nous avons travaillé sur les arômes de la tomate. Un chercheur néerlandais a même prouvé que la vitamine C, au-delà de la valeur nutritionnelle, protège la plante. La découverte de la séquence du génome de la tomate en 2012 ouvre des perspectives.

À quoi ressembleront nos fruits dans vingt ans ?

Il y aura sans doute des fruits nouveaux. Il y a une grande diversité dans les pays tropicaux, notamment sud-américains. L’offre va s’élargir. Il y aura aussi plus de couleurs.

Beaucoup de modifications ont déjà été apportées. On trouve des tomates de toutes les couleurs, par évolution naturelle (70 000 variétés) ; le riz propose des milliers de variantes... On peut donc imaginer que chez d’autres espèces on puisse trouver beaucoup de variations. Mais c’est le consommateur qui décide : la pêche plate a mis des années à être acceptée grâce à sa douceur, la fraise gariguette a été diffusée vingt ans après sa conception et l’endive rouge a fait un flop au début mais, depuis que l’on mange de la salade en sachet, ce rouge au milieu du vert fait joli.

Pêches et abricots viennent d’Asie où il y a une très grande diversité. Il y a des légumes-feuilles fabuleux sous les tropiques mais comme on mange de moins en moins de légumes... À Avignon, nous cultivons un “melon serpent” de deux mètres au goût de concombre. Or, pour nous, pour l’instant, un melon, c’est blanc ou vert et c’est sucré... Au Japon, il y a un melon que l’on achète cher (60 €) juste parce qu’il parfume la maison. Peut-être qu’un jour, marketing aidant, il y aura un créneau. Le fruit doit se prêter à une production rentable.

Il y a aussi des initiatives. Des chercheurs néo-zélandais tentent de créer, par exemple, un kiwi sans ses poils drus qui gênent sa consommation. L’idée c’est de rendre la peau la plus fine possible pour pouvoir le croquer comme une fraise.

Le goût du fruit va-t-il évoluer ?

On prend de plus en plus en compte la diversité des goûts. Selon une étude européenne sur la tomate que j’ai coordonnée en 2010 auprès de 800 Français, Italiens et Hollandais, les consommateurs se divisent en quatre catégories : ceux qui aiment les petites tomates très sucrées et aromatiques, ceux qui aiment les tomates aromatiques, les amateurs de tomates fondantes et les bienheureux qui aiment les tomates de supermarché. Cette diversité restera.

Sur la fraise, de gros efforts ont été menés sur la qualité : en dix ans, on est passé de la fraise hyper grosse et remplie d’eau à la gariguette et autres variétés hyper parfumées. Il faut toujours veiller au rendement, le souci des producteurs.

Le goût évolue aussi avec l’offre, sa capacité à s’adapter et les habitudes. Et l’aspect est l’un des premiers critères d’achat. Plus le fruit est rouge, plus il attire.

Les consommateurs sont plus attirés par certaines couleurs et certaines formes, mais aussi par l’aspect extérieur. Il doit être impeccable.

Pourquoi boude-t-on les fruits ?

D’abord, cela dépend du fruit, s’il faut l’éplucher, le préparer, le conserver... L’éducation alimentaire joue un rôle. Mais à moment donné, l’adolescent, pour des raisons physiologiques, se détourne des fruits pour les pâtes et les féculents, plus riches en calories. Enfin, les fruits sont devenus chers. Hors saison, leurs prix sont abominables. En saison, ceux qui en consomment sont habitués à des prix élevés.

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